Money, money, money : l’argent, moteur de l’innovation ?

L’année 2017 a apporté son lot de bonnes nouvelles à ENODO Games ! Innovant, original et créatif, notre projet de jeu vidéo The Architect: Paris a remporté la plus haute subvention du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

Si la passion est pour nous le principal moteur de la création, elle ne suffit pas à elle seule à assurer le développement d’un nouveau jeu vidéo. Chez ENODO Games, comme partout, le financement représente le nerf de la guerre, le levier indispensable à l’émergence de concepts novateurs. Imaginer un scénario, s’entourer d’une équipe artistique, recruter les meilleurs infographistes, penser puis développer de nouvelles technologies… Tout cela représente un coût important. Situé au carrefour de la création artistique et de l’innovation technologique, le développement d’un nouveau jeu vidéo, tel que The Architect: Paris, nécessite des investissements substantiels.

Chiffre historique à mes yeux, l’industrie des jeux vidéo “made in France” a connu l’an dernier une croissance à deux chiffres. Si le jeu vidéo représente la première industrie culturelle au monde par le chiffre d’affaires, pour la première fois dans l’histoire, il est sur le point de détrôner le livre en France : le secteur pèse 3,46 milliards d’euros contre 3,9 milliards pour le livre ! Dans notre pays, où la culture du financement public est forte, des aides viennent spécifiquement encourager nos efforts et l’on ne peut que se réjouir de l’implication de nos pouvoirs publics dans ce domaine.

Prenez par exemple le crédit d’impôt recherche, c’est bien là une exception françaiseRevalorisé l’an dernier, il est passé de 20 % à 30% des dépenses de développement, plafonnées à 6 millions d’euros, contre 3 millions d’euros auparavant. Autre source de financement, le Fonds d’aide au jeu vidéo (FAJV) encourage lui aussi la prise de risque en soutenant financièrement les différentes phases de recherche et développement. Concrètement, cette subvention permet de lever les freins technologiques préalables à la réalisation d’un prototype de jeu vidéo ou encore de s’assurer une visibilité sur des salons de portée nationale ou internationale comme la Paris Game Week à laquelle ENODO Games se rend chaque année. Enfin, n’oublions pas la Banque Publique d’Investissement (BPI) qui joue bien son rôle en co-finançant le lancement et la mise sur le marché de projets innovants.

Il me semble, et c’est un constat largement partagé, que ce sont tous ces dispositifs qui permettent à la France d’occuper la seconde marche du podium en termes d’incitations fiscales à la recherche et au développement, juste derrière le Canada. Si nous avons longtemps souffert de la fuite de nos talents créatifs et techniques au profit de pays fiscalement plus attractifs, force est de constater que ces aides nous permettent d’inverser la tendance en relocalisant des emplois sur notre territoire. L’industrie des jeux vidéo est désormais considérée comme un vivier d’emplois majeur et un vrai moteur de l’innovation française.

Ce dynamisme est bien la preuve de l’incroyable force d’innovation du secteur. Au-delà de l’aspect budgétaire, je considère qu’en subventionnant l’industrie du jeu vidéo, les pouvoirs publics nous permettent aussi d’assurer notre indépendance. Etre le seul maître à bord nous permet de rester en phase avec la ligne directrice de notre projet, celle qui a su remporter l’adhésion de nos partenaires et de nos équipes et qui est plébiscitée des joueurs.

Pour la team ENODO Games, la subvention du Centre national du cinéma et de l’image animée assure de la visibilité au projet The Architect: Paris tout en facilitant les démarches que nous entreprenons auprès des éditeurs de jeux vidéo. Au-delà de ce coup de pouce purement financier, le fait que le CNC nous alloue la subvention maximale témoigne de la reconnaissance de nos pairs quant à notre solidité, notre expertise et à notre capacité d’innovation. De quoi voir plus grand, plus loin en 2018, pour continuer de vous proposer des créations toujours plus surprenantes !

Jean-Bapstite REYNES, CEO

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Expériences immersives : il faut s’inspirer des jeux vidéos

Depuis plusieurs années, la notion d’expérience immersive suscite un intérêt grandissant. On parle d’expérience immersive dès lors que l’on plonge un utilisateur dans un univers virtuel qu’il connaît – ou est capable d’identifier – et qu’on le sollicite en lui demandant d’interagir avec cet univers (en s’y déplaçant, en remplissant une mission, etc.). Si la réalité virtuelle est l’une des manifestations les plus évidentes de l’expérience immersive, elle n’est toutefois pas la seule : d’abord parce qu’un environnement virtuel n’est pas forcément une représentation de la réalité, ensuite parce qu’il est tout à fait possible de créer le sentiment d’immersion en utilisant un écran, une souris ou une manette.

Pour qui propose un environnement immersif, l’intérêt est de pouvoir observer le comportement d’un utilisateur. Bien sûr, il faut pour cela créer les conditions de cette immersion. S’il est tout à fait possible de simuler la conduite d’un véhicule grâce à des touches de claviers, la capacité d’immersion sera en revanche beaucoup plus grande si on donne un volant à l’utilisateur. En bref, immersif ne signifie pas seulement créer un environnement virtuel de qualité mais également penser la manière dont l’utilisateur va interagir avec lui.

En travaillant sur des visites virtuelles, la question de cette immersion s’est assez rapidement posée. Comment la personne se déplace-t-elle ? Comment doit-on positionner les éléments les uns par rapport aux autres ? Sur quoi faut-il cliquer pour déclencher une animation ? Il y a quelques temps, nous avons modélisé un showroom pour la marque MINI à l’occasion de la sortie d’un nouveau design de leurs véhicules. Plusieurs utilisateurs se sont baladés, depuis leur écran, à travers le showroom. En observant leurs comportements, les responsables de la marque ont découvert vers quelles voitures leurs clients se dirigeaient naturellement et cette observation a permis de les renseigner sur l’appréciation du nouveau design mais aussi sur la meilleure manière de disposer les véhicules dans le showroom, de déterminer un nombre idéal de voitures présentées, etc.

On le comprend, les utilisations de l’expérience immersive représentent un sujet à la fois passionnant et encore très ouvert. Avec l’arrivée de la réalité virtuelle, il semble que des modes de connexion avec des environnements 3D soient en train de s’enrichir. Ce dont nous sommes convaincus, c’est que les entreprises devraient s’inspirer davantage de ce que font les jeux vidéos. Aujourd’hui, ces derniers ont atteint une maturité d’interconnexion avec les environnements 3D particulièrement riche. Ils ont cessé d’imiter le cinéma pour développer leur propre langage. En donnant aux joueurs le sentiment d’être au cœur de l’action, ils sont devenus capables de transmettre des émotions, de créer de l’empathie. L’utilisateur est maître de ce qu’il voit, de cequ’il veut faire. Développer cette expérience est une occasion de rendre les environnements 3D plus performants encore. C’est en tout cas ce à quoi nous nous attelons.

 

Entretien avec… Valérie David, Directrice du développement durable, Eiffage

 

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Pour constituer le groupement Astainable, vous avez lancé un appel d’offre, afin de sélectionner l’équipe qui vous accompagnera dans ce projet. Pourquoi avoir retenu ENODO ? 

Au moins trois raisons :

  • la compréhension de notre besoin,
  • la compatibilité de « l’esprit d’ENODO » avec « l’esprit de notre projet » basé sur une analyse systémique et la pluridisciplinarité.
  • la qualité de la proposition globale, aussi bien dans la méthode conceptuelle que dans la maîtrise technique

Qu’attendez-vous de la plateforme interactive ?

Une expérience immersive à la fois attractive et qui permette une compréhension intuitive de l’usage des techniques et technologies proposées. Sortir de la description de la technologie pour la technologie elle-même, ce qui est toujours un risque (faire du « technologisme ») pour entrer dans un monde virtuel de mise en scène de ces propositions technologiques dont on constatera alors les bénéfices en termes d’usage.

 Quel rôle joue aujourd’hui ENODO dans le groupement ?

Un rôle de partenaire davantage que de prestataire, puisque ENODO est intégré dans les équipes d’experts qui analysent les besoins d’Astana et proposent des solutions. Par exemple, ENODO nous a conseillés sur l’architecture de l’outil, afin d’en faire le meilleur miroir de la stratégie d’analyse systémique et multiscalaire qui fait la signature de cet outil : échelle macro, échelle de l’ilot et échelle du piéton.

Valérie David en quelques mots: La ville durable prend en compte les mobilités, les énergies renouvelables, la construction, l’écosystème urbain, les nouveaux modes de société… Un concept multiforme qui nécessite de larges compétences. Diplômée et lauréate de Sciences Po Paris, de l’université de Sarrebrück et de Lille III, Valérie David démarre sa carrière dans les institutions européennes, sur les questions d’aménagement durable du territoire. Elle rejoint le monde bancaire en 1999 et crée notamment le premier prêt de rénovation énergétique en coût global. Recrutée en 2007 à la direction du développement durable chez Eiffage, elle fait prospérer le laboratoire en développement urbain durable Phosphore. La méthode de construction durable qui en ressort, «Haute Qualité de Vie» (HQVie) est mise en œuvre sur des chantiers de bâtiments et d’écoquartiers. Elle dirige aussi la conception de la plateforme interactive pour la ville durable destinée aux décideurs publics, dans le cadre du projet Astainable.